Discrète et lumineuse

C'est en tant qu'écrivaine et non actrice que nous allons aujourd'hui à la découverte d'Isabelle Carré.

Née le 28 Mai 1971 à Paris, d'extraction mi-aristocratique, mi-cheminote, elle a toujours été très discrète sur sa vie privée, et ne savons pas grand chose de la femme mais plus de la comédienne. Et puis, elle publie cette année ce livre, "Les rêveurs", un roman qui a tout d'une autobiographie. Elle y dévoile son enfance, pour le moins tourmentée, celle de la fille d'un couple -mal-uni-, entre un homme qui n'ar­ri­vait pas à assu­mer son orien­ta­tion sexuelle, et une mère aban­don­née par son premier amour, le père de son enfant. "L'enfance a ceci de beau qu'elle ne vous projette absolument pas dans le jugement. Tu t'adaptes et tu ne poses pas de regard critique sur ce que tu vis. Cela m'a permis de comprendre très jeune le milieu homosexuel dans lequel vivait mon père." (interview Marie-Claire) Mais elle tente de se suicider à 14 ans et se retrouve dans un hôpital psychiatrique ... c'est là qu'lele trouve sa voie en regardant des films de Romy Schneider.  Au fond, son histoire c'est "Celle de gens qui essaient de construire leurs vies, qui tâtonnent, se cherchent. Qui doivent faire avec leurs secrets, leurs mensonges, leurs désirs d'aller vers plus de sincérité. Il y a une phrase de Vladimir Jankélévitch qui m'a guidée pendant l'écriture, c'est celle-ci : « Il faut laisser vivre les contradictions, et quand on a quelque chose d'important à faire, il faut d'abord le faire, même si on a l'air de se contredire soi-même ». C'est pas mal trouvé." (interview Marie-Claire)

Plus épanouie aujourd'­hui, l'ac­trice n'a pas écrit ce livre comme un « règle­ment de comptes » envers ses parents. D'après elle : « Il montre aussi la grande richesse et la complexité de leur vie commune. » Même si seule sa mère est présente dans les remer­cie­ments, dont son père est le grand absent. Elle compte rédiger un deuxième roman où là son père serait à l'honneur des remerciements.