La désillusion en 2 actes

Né en 1978, d'un électro-mécanicien travaillant sur des chantiers, et d'une maman, comptable, le jeune Nicolas Mathieu demande pour ses 8 ans une machine à écrire et décore très vite les murs de sa chambre d'une carte du monde de ses auteurs préférés.

Après des années d'études passées dans le privé dans des écoles Bourgeoises, auxquelles ils ne se sent pas appartenir et des études d'histoire et de cinéma, Nicolas Mathieu s'installe à Paris où il exerce diverses activités : journaliste pour un site d'information en ligne, rédacteur dans une agence de reporting (2008). Il faut bien mettre du beurre dans les épinards. Mais son dada c'est l'écriture, il s'essaye et se trouve avec u son premier roman, un thriller social "Aux animaux la guerre" publié chez Actes Noirs. « Je l'avais fini à l'arrache, à l'aube, avant d'aller au boulot, alors que mon fils allait naître. J'étais épuisé et j'ai fait un burn-out. Il m'a fallu plus d'un an pour m'en remettre. ». Ce premier livre remporte en 2014 le prix Erckmann-Chatrian et en 2015 le prix Mystère de la critique et le prix du roman du Festival du goéland masqué. Il sera adapté en série pour France 3.

4 ans plus tard, en novembre 2018, Nicolas Mathieu remporte le prix Goncourt pour son deuxième roman, "Leurs enfants après eux", un récit politique d'une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Ce que j'avais commencé dans “Aux animaux la guerre”, le portrait d'une petite vallée désindustrialisée, je l'ai étendu de façon verticale sur l'échelle sociale, du chômeur à l'édile, mais aussi sur l'échelle du temps, pour montrer ce que ce dernier fait aux corps, aux ambitions, aux rêves… comment il y a des portes qui s'ouvrent, d'autres qui se ferment. » Avoue-til à al sortie de ce deuxième roman. « La sociologie, mais aussi les romans d'Annie Ernaux et de Flaubert m'ont dessillé les yeux, explique l'intéressé. En décortiquant les mécanismes sociaux, ils m'ont appris à ne plus croire au mythe de la réussite individuelle qu'on nous sert à longueur de journée. Et à ne plus avoir honte de qui j'étais. »